Ces universités épinglées par la Cour des comptes

le conseiller ciej

Comment corriger les inégalités d’accès aux études supérieures en France ?

La Cour des comptes s’est penchée sur la relation entre l’origine géographique des étudiants et leur accès aux études universitaires. Elle a dénoncé des inégalités sociales qui persistent malgré les dispositifs déployés. Elle a également mis en évidence une hétérogénéité des statuts des universités liée à la politique de financement par appels à projets. Voici les principales recommandations de la Cour des comptes pour corriger les inégalités d’accès aux études supérieures en France.

Réduire les inégalités sociales : les sites délocalisés d’universités

Le rapport de la Cour des comptes souligne que le taux de diplômés diminue à mesure que l’on s’éloigne des grandes villes. Cela se traduit par une disparité géographique des opportunités d’études supérieures. Pour y remédier, l’État avait tenté d’endiguer ces inégalités dès les années 1960, grâce à l’ouverture progressive d’antennes universitaires, au nombre de 150 aujourd’hui. Ces sites délocalisés rattachés à une université mère devaient “rapprocher la formation des territoires”. Ils assurent une mission de service public, principalement autour d’enseignements de premier cycle, avec un coût et un taux de réussite comparables aux sites principaux. Toutefois, la poursuite d’études en deuxième cycle y est cependant plus faible.

Des campus connectés aux coûts astronomiques

Parmi les initiatives du ministère de l’Enseignement supérieur pour favoriser un accès plus équitable aux études, la Cour des comptes s’est également attardée sur les campus connectés. Ces dispositifs, qui permettent aux étudiants éloignés des sites de suivre leur formation à distance, dans des salles de cours connectées, constituent une autre réponse “aux difficultés géographiques et sociales d’accès à l’enseignement supérieur”. Toutefois, le succès de cette centaine de lieux est en demi-teinte. Seuls huit d’entre eux accueillent plus de vingt étudiants, “ce qui relativise l’intérêt de ce nouveau modèle et conduit parfois à un coût par étudiant exorbitant”. La Cour appelle à dresser le bilan de ce dispositif lancé en 2019, en prenant en compte le devenir des élèves et les aspects financiers.

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Des statuts d’universités qui reflètent ces disparités

Les différentes politiques de site ont creusé des écarts entre universités, malgré les initiatives pour endiguer les inégalités territoriales. Les universités ont connu plusieurs transformations juridiques et des évolutions de statuts, telles que Comue, fusion, statuts expérimentaux, qui ont contribué à l’affaiblissement du concept même d’université à l’échelle nationale.

En conséquence, le maillage territorial est devenu plus disparate, amplifiant les différences entre les universités. Ces évolutions rapides des statuts ont également causé de la confusion pour les étudiants et ont rendu la politique universitaire française difficile à suivre.

La politique des programmes d’investissement d’avenir (PIA)

Les écarts entre les universités sont également liés à la politique active autour des PIA. Depuis plusieurs années, les PIA ont constitué le seul marqueur de différenciation, produisant de facto des catégories différenciées d’université en fonction du montant moyen de leur dotation.

Prendre en compte les différences entre universités

Le paysage de l’enseignement supérieur français souffre de la mauvaise prise en compte de sa diversité. Derrière la dénomination unique d’université, se cache une multitude d’établissements. Certaines universités mènent une recherche de premier ordre au niveau mondial et orientent leurs formations dans cette optique, alors que d’autres assurent une part plus importante de premier cycle et concentrent leurs forces de recherche sur quelques disciplines, faute de pouvoir bénéficier des financements par appels à projets.

La Cour des comptes recommande de mieux tenir compte de ces différences pour assurer un meilleur pilotage des établissements. Au-delà d’une clarification nécessaire, qui serait salutaire pour les étudiants et les acteurs de l’enseignement supérieur, la Cour enjoint l’État à un arbitrage en vue d’acter les différences entre universités, non pour les figer, mais pour adapter les moyens à leur allouer au plus près de leurs besoins, des spécificités de leur territoire et de la qualité de leurs formations.

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Des défis majeurs pour l’enseignement supérieur et la recherche en 2023

En somme, il est impératif de prendre en compte les différences entre les universités pour un meilleur pilotage de l’enseignement supérieur français. Cela nécessite une clarification de la situation actuelle pour les étudiants et les acteurs de l’enseignement supérieur, ainsi qu’un arbitrage de l’État pour adapter les moyens alloués aux besoins, spécificités territoriales et qualité des formations de chaque université. C’est ainsi que nous pourrons assurer un avenir plus équitable et durable pour l’enseignement supérieur et la recherche en France.